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Ça Ira : théâtre politique aux allures de House of Cards #HF16

Plus de quatre heures Ça ira (1) Fin de LouisLe spectacle du metteur en scène français Joël Pommerat, à voir ce week-end au Holland Festival. Il a reconstitué les événements qui se sont déroulés en France entre 1789 et 1794plus connue sous le nom de Révolution française. Ce qui commence comme une leçon d'histoire animée, parfois difficile à suivre, aboutit à une impressionnante 'Le mystère', l'équilibre entre reconstitution et la télévision en direct.

Les Français parlent beaucoup et passionnément et, au départ, le débat sur la possibilité d'une Assemblée nationale pour créer un parlement où toutes les couches de la société sont représentées dans une seule chambre. Intéressant pour ceux qui aiment l'histoire politique, mais pas forcément passionnant à jouer au théâtre. Mais peu à peu, même le public devient captivé par le rythme et la précision avec lesquels Pommerat met en forme les différentes positions et étapes de ce qui, rétrospectivement, s'est avéré être un débat historique sur la citoyenneté, la codétermination et la gouvernance nationale.

Ça ira (1) Fin de Louis, Joël Pommerat, photo : Elisabeth Carecchio.
Ça ira (1) Fin de Louis, Joël Pommerat, photo : Elisabeth Carecchio.

Les nombreux acteurs, aidés par une claque locale, qui ensemble applaudissent, acclament et crient depuis l'auditorium, suscitent un sentiment d'urgence politique, défini pour une fois non pas par des images sensationnelles et de courtes citations à la caméra, mais par un débat approfondi. Un débat basé sur des recherches approfondies dans les archives, mais encadré de manière contemporaine : avec des microphones, des conférences de presse et des costumes sur mesure. Les membres du Assemblage se battre sur les procédures et sur la question de savoir si Assemblage doit par exemple s'impliquer dans la rédaction de droits pour tous les citoyens (qui deviendront plus tard Les droits de l'homme), tandis qu'à partir de Paris, le chaos s'installe. Alors que les premiers lynchages et décapitations sont signalés, les différents protagonistes roulent sur la scène en se battant les uns contre les autres.

Une ironie bizarre apparaît car, d'une part, le public sait comment la situation a évolué - l'aristocratie et le clergé perdront, même si les porte-parole de ces cliques ne le savent pas sur le moment ; d'autre part, le langage du débat est conçu de telle sorte que, dès le premier instant, un parallèle avec la France d'aujourd'hui, ou la politique internationale d'aujourd'hui, est inévitable. A l'époque aussi, il y avait une crise de la dette, et à l'époque aussi, le ministre des finances a joué un rôle décisif. En même temps, la façon dont Louis XVI a fini par faire son apparition à l'Assemblée générale de l'Union européenne est tout à fait remarquable. AssemblageIl serre régulièrement la main d'agents de sécurité nerveux dans son sillage et les haut-parleurs diffusent une musique de film triomphante, typique de la propagande politique d'aujourd'hui. Les allers-retours dans le temps produisent des moments parfois hilarants, parfois douloureux. Par exemple, un soldat déserteur est finalement assassiné par un membre d'un comité de quartier parisien.

Ça ira (1) Fin de Louis, Joël Pommerat, photo : Elisabeth Carecchio.
Ça ira (1) Fin de Louis, Joël Pommerat, photo : Elisabeth Carecchio.

Le cadre de Ça ira (1) Fin de Louis est monumentale et fait allusion à cette conception typique dans laquelle, non seulement à Bruxelles et à Paris, mais partout dans le monde, le pouvoir s'élève, qu'il s'agisse d'un tirage au sort olympique ou d'une conférence de dirigeants politiques. Les fioritures du Théâtre de la Ville, qui remontent en fin de compte à la tradition théâtrale de Versailles, s'inscrivent merveilleusement bien dans ce contexte. La mise en scène de la discussion devient très vivante grâce à l'engagement du public et au jeu détaillé des différents rôles dans le débat, jusqu'au comité de quartier d'un quartier parisien. Hier soir, Herman Tjeenk Willink et Frits Bolkenstein étaient dans le public, surtout le premier, visiblement amusé.

Une autre intervention intelligente de Pommerat est la distribution d'un grand nombre d'actrices et d'un acteur noir comme acteurs principaux. Cela te rappelle en tant que spectateur que cette version émancipée et mise à jour, quelque chose comme un Hamlet en jeans, est de haute tenue non seulement à l'époque mais aussi aujourd'hui. Alors qu'Obama était à Jimmy Fallon Au revoir, la question est de savoir si les États-Unis auront une femme présidente ou s'ils devront entrer sur la scène politique avec un multimillionnaire horky.

Ça ira (1) Fin de Louis, Joël Pommerat, photo : Elisabeth Carecchio.
Ça ira (1) Fin de Louis, Joël Pommerat, photo : Elisabeth Carecchio.

Enfin, la question de la violence politique est également jouée à merveille. Non seulement les forces conservatrices s'emparent continuellement du chaos pour faire avancer des questions politiques de principe, sous le slogan que l'ordre doit d'abord être établi, mais les forces révolutionnaires sont également durement touchées lorsque le peuple, dont elles veulent façonner politiquement la souveraineté, se fait justice lui-même et procède au pillage et à l'assassinat. En somme, un théâtre politique de premier ordre, précisément parce qu'il montre la complexité du jeu démocratique, y compris les pièges, les dessous et les doubles jeux.

À la fin du spectacle, Louis XVI peut s'avérer être un joueur politique pur et dur, ce qui n'est pas le cas de tous les autres. Ça ira (1) Fin de Louis donne l'allure d'une série Netflix à la Le château de cartes. Il est à espérer qu'également Ça ira-la suite sera présentée au Holland Festival.

 

 

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Wijbrand Schaap

Journaliste culturel depuis 1996. A travaillé comme critique de théâtre, chroniqueur et reporter pour Algemeen Dagblad, Utrechts Nieuwsblad, Rotterdams Dagblad, Parool et des journaux régionaux par l'intermédiaire d'Associated Press Services. Interviews pour TheaterMaker, Theatererkrant Magazine, Ons Erfdeel, Boekman. Auteur de podcasts, il aime expérimenter les nouveaux médias. Culture Press est l'enfant que j'ai mis au monde en 2009. Partenaire de vie de Suzanne Brink Colocataire d'Edje, Fonzie et Rufus. Cherche et trouve-moi sur Mastodon.Voir les messages de l'auteur

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