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C'est bien, n'est-ce pas ?

Wim Pijbes jette un regard trumpien sur la politique de Rotterdam dans le Volkskrant.

W

Curieux article de Wim Pijbes dans le Volkskrant d'aujourd'hui, sous le titre ‘Donner, c'est donner ; pourquoi c'est le moment de se faire des amis‘. L'homme qui a dirigé le Rijksmuseum et qui, depuis quelques années, est autorisé à saupoudrer l'argent des barons du port de Rotterdam, rappelle au secteur de l'art que de nombreux baby-boomers sont en train de mourir. Pas les baby-boomers ordinaires (ceux qui ont un an de plus que la génération Z).

L'archétype du boomer, en d'autres termes, qui, à ‘l'époque où tout était bon marché’, pouvait acheter pour une bouchée de pain un immeuble du centre-ville d'une valeur de 3 millions, et qui est resté trop longtemps dans le fauteuil du directeur, laissant la génération qui lui a succédé grandir dans un univers complètement différent.

Ces archétypes de baby-boomers vont bientôt mourir, parfois avec, souvent sans descendance, et toutes les collectes de fonds aux Pays-Bas sont depuis un certain temps déjà en train de visiter ces hospices en vue d'un bel héritage. Jusqu'à présent, rien de nouveau sous le soleil, et donc peu de raisons de lire l'article du directeur de la Stichting Droom en Daad. Mais cet article n'a rien à voir avec le tsunami d'héritages qui se dirige vers le secteur artistique.

Échec de l'échevinage

Après tout, des élections municipales sont prévues le 18 mars et il se pourrait bien qu'une ville comme Rotterdam change de couleur. C'est d'ailleurs de cela qu'il s'agit dans l'avis de Pijbes. Ces dernières années, Droom en daad a en effet beaucoup d'argent investi dans la culture de Rotterdam. Il y a de l'argent dans Fenix, De Pot (le dépôt de Boymans) et le Fotomuseum. C'est ainsi que les barons du port qui se cachent derrière Droom en Daad compensent leur fuite fiscale, et Rotterdam leur en est reconnaissante.

En effet, il y a un échevin de la culture à l'hôtel de ville depuis des années qui a laissé l'ensemble de sa politique être déterminée par le ‘marché’. L'échevin Kasmi de D66 n'excelle donc pas dans l'esprit de décision. En revanche, il dispose d'un bureau de conseil indépendant en matière d'arts tués et des millions dépensés pour la mise en place d'une nouvelle structure, qui, une fois encore s'est avéré gênant, Mais d'une manière générale, le secteur des arts visuels et du patrimoine de Rotterdam a été énormément aidé par les entreprises privées qui, comme elles l'ont révélé dans De Doelen en 2012, sont à l'origine d'une grande partie de l'activité économique de la ville, n'a rien à voir avec le théâtre. Raison pour laquelle le Théâtre Rotterdam est toujours en difficulté.

Trump

Quoi qu'il en soit, Droom en Daad déverse des millions dans la Maasstad et Pijbes estime que l'on n'a pas assez souvent dit “merci”.“En juillet 2023, lorsque l'achat de l'entrepôt Santos a été annoncé comme nouveau siège du Musée néerlandais de la photographie, la réponse (téléphonique) du conseil municipal n'a pas été ‘félicitations’, mais ‘qu'en pense le conseil de district ? Et lors du communiqué de presse du musée sur l'achat et la donation de 38 millions, encore une fois la donation la plus importante jamais faite dans notre pays, le conseil municipal et le ministère ont tous deux refusé de donner une citation sur le nouveau siège de la collection nationale de photographies’.”

Ce passage a quelque chose de Trump. Dream and Deed est un peu mécontent du ton doux avec lequel la ville exprime sa gratitude. Pire : Pijbes trouve extrêmement ingrat que la municipalité ait osé attirer l'attention sur la participation des citoyens. Après tout, la démocratie s'oppose aux grands projets des entrepreneurs, comme Pijbes en a déjà fait l'expérience lorsqu'il ne voulait pas d'une piste cyclable traversant le Rijksmuseum et que la section locale de l'Union des cyclistes en a pensé quelque chose.

Se faire des amis

Heureusement, selon le mécène, le gouvernement est en train d'apprendre : Utrecht et Rotterdam accueillent désormais les riches donateurs et devraient continuer à le faire. ‘En se faisant des amis avant d'en avoir besoin. En élaborant une stratégie pluriannuelle pour trouver, recruter et engager des amis. Et en engageant ces amis, en les cultivant pour qu'ils deviennent des donateurs engagés’.’

Les conseillers municipaux de Rotterdam pourront donc les empocher lorsqu'ils formeront un nouveau collège. Il ne faut donc pas se contenter d'être très reconnaissant. Il faut surtout se faire des amis. ‘Surtout dans un contexte de pression sur les ressources publiques, un secteur artistique qui se plaint ne sert à rien. Les musées, les orchestres, les compagnies et les théâtres, comme toutes les autres organisations caritatives, doivent se faire des amis qui auront bientôt besoin d'eux.’

Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, ma chère lecteurami, mais cela ressemble presque à une menace.

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2 réponses

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  • @w.schaap
    "il n'a même pas dit merci une seule fois !' - article à succès #Rotterdam

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