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C'est bien, n'est-ce pas ?

A Stray Summer's Day‘ de Siebelink est une histoire intense, grandiose et intelligemment conçue.

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La vie de la poétesse sud-africaine Ingrid Jonker fut courte, intense et tumultueuse. Le roman inspiré de sa vie est lui aussi intense. Une journée d'été perdue de Janneke Siebelink.

‘ Peut-être que tu cesseras alors d'errer ’, se dit la jeune femme Camille, pour se motiver à reconstruire la vie de sa mère. ‘ Tu pourras commencer à vivre et cesser de mourir. ’ Camille est la fille d'Astrid Viljoen, une poétesse sud-africaine devenue célèbre qui s'est jetée à la mer et s'est noyée le 19 juillet 1965. Camille n'était alors qu'une petite fille, mais aujourd'hui, elle a presque 31 ans et, tout comme sa mère, elle est en proie à la dépendance et à la souffrance psychique. Pour pouvoir choisir la vie, elle devra affronter le passé.

Cadre narratif

Janneke Siebelink a publié son roman Une journée d'été perdue Conçu comme un récit-cadre autour du personnage principal Astrid Viljoen, inspiré de la poétesse Ingrid Jonker, décédée prématurément, qui est devenue célèbre grâce à ses poèmes anti-apartheid. Après le début consacré à Camille, l'histoire remonte dans le temps, vers la grand-mère d'Astrid, Emily, sa mère Cecilia, puis Astrid.

Siebelink retrace le cours de leur vie dans le contexte d'une Afrique du Sud qui, en 1899 et 1902, connaît les guerres des Boers entre les Britanniques et les Boers (les Afrikaners blancs, descendants des colons principalement néerlandais), puis se voit imposer un régime d'apartheid, dans lequel les Sud-Africains blancs oppriment la population noire.

En conflit permanent

Astrid perd sa mère à un jeune âge, qui, après de nombreuses psychoses, dépressions et tentatives de suicide, met fin à ses jours. Elle grandit chez sa grand-mère, puis chez son père Samuel, écrivain et défenseur de l'apartheid. Astrid n'est pas aimée dans la maison de son nouveau mari et de leurs deux fils. Son talent littéraire est remarqué et encouragé très tôt par le pasteur et une enseignante, mais Astrid aspire avant tout à l'approbation de son père. Elle est en conflit permanent avec lui, à la fois parce qu'elle est contre l'apartheid, mais aussi à cause de ses excès et de son instabilité mentale. Alors que les tensions sociales s'intensifient, le feu qui consume Astrid de l'intérieur s'embrase de plus en plus.

Siebelink conduit avec précision les caprices psychologiques de ses personnages, aussi sombres que ce qui se passe dans la société, vers un climax irrévocable. Après quoi, tout recommence avec Camille. C'est ce qui rend Une journée d'été perdue une histoire intense, ambitieuse et habilement construite sur la liberté spirituelle et physique, les traumatismes et la façon dont l'histoire ne cesse de se répéter – jusqu'à ce que quelqu'un décide d'y mettre un terme.

Janneke Siebelink, Une journée d'été perdue

382 p.

Ambo Anthos, 24,99 €

par A Quattro Mani

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