Le journalisme devrait être gratuit.
D'accord ?

C'est pour cela qu'il faut aller voir Nouvelle Vague, et aussi le film qui a libéré le cinéma

H

Pourquoi suis-je si fasciné par Nouvelle Vague, l'hommage de Richard Linklater au mouvement cinématographique français qui a marqué un grand renouveau du cinéma français et européen ? Une libération qui a commencé avec un groupe de critiques de cinéma, dont Truffaut, Godard et Chabrol, qui ont décidé de devenir cinéastes afin de montrer ce que le cinéma pouvait être. Une action de libération délibérée.

Bien sûr, c'est déjà formidable de voir à quel point Linklater a su capturer cette nouvelle sensation et cette camaraderie avec une légèreté appropriée. Mais ce qui joue sans doute aussi un rôle, c'est qu'en tant que cinéphile, j'aurais bien sûr adoré vivre moi-même cette vague créative. Mais bon, mon amour du cinéma n'a commencé qu'une dizaine d'années plus tard, à une époque où la Nouvelle Vague était certes toujours (et reste encore aujourd'hui) une source d'inspiration, mais où elle faisait déjà partie de l'histoire.1.

Nouvelle Vague fait revivre cette époque et permet aux acteurs d'incarner un grand nombre d'innovateurs, tels que Truffaut, Chabrol, Rohmer, Rivette et bien d'autres, dont certains sont moins connus. Mais le plus important, c'est que Linklater le fait en se concentrant sur Jean-Luc Godard et sur la façon dont il a lancé son célèbre À bout de souffle tourne. Avec un scénario de base de François Truffaut, Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans les rôles principaux, improvisant librement, et une caméra se déplaçant tout aussi librement dans les rues, ce film à petit budget est devenu un classique légendaire.

Esprit libre

Godard donc. Il était l'un des novateurs les plus convaincus qui n'a cessé (il est décédé en 2022 à l'âge de 91 ans) de réinventer le cinéma. À mon sens, il est ainsi devenu un génie peu accessible, dont les explorations étaient parfois difficiles à suivre. Je me rends compte que je résume ici de manière un peu trop succincte, car son œuvre reste très particulière et il existe de grandes différences entre le Godard imprégné de l'esprit révolutionnaire de 1968, avec des œuvres parfois extrêmes, et le cinéaste toujours provocateur, mais aussi plus accessible, qu'il est redevenu plus tard.

À propos de son film Sauve qui peut (1980), j'avais écrit à l'époque : ‘ Un film magnifique, hors du commun, dans lequel chacun peut trouver son compte, au-delà des remarques cryptiques et du symbolisme nécessaires. ’ Mais l'un de ses derniers films, Film socialisme (2010), accueilli de manière mitigée à Cannes, était à nouveau un Godard plus sévère, un essai culturel assez sombre qui commence à bord d'un bateau de croisière, où l'on peut bien sûr voir toutes sortes de symboles.

Mon admiration pour l'esprit libre et curieux qui a toujours caractérisé Godard s'accompagnait en même temps du sentiment qu'il s'était replié sur lui-même, comme s'il s'était retiré sur une île. Une impression que j'ai plus ou moins vue confirmée dans Visages villages (2017) d'Agnès Varda, qui était à l'époque l'une des compagnes de lutte de la Nouvelle Vague. Dans ce documentaire, elle souhaite donner une place à Godard, mais lorsqu'elle arrive dans sa ville natale, elle n'obtient, à sa grande déception, qu'un refus catégorique.

Lunettes de soleil

Dans cette optique, ce fut une agréable surprise de voir dans Nouvelle Vague un Godard encore jeune (il avait 29 ans lorsqu'il a tourné À bout de souffle), interprété avec brio par Guillaume Marbeck. Avec ses lunettes de soleil indissociables, manifestement déjà doté de la pédanterie nécessaire et d'une pointe d'arrogance, mais aussi plein d'une énergie audacieuse et d'un charme obstiné.

Au cours des scènes animées, filmées à la main, il arrive bien sûr régulièrement que quelque chose ne se passe pas comme prévu, mais Godard n'en a cure. Si quelqu'un affirme qu'un plan est impossible à monter, Godard répond avec assurance que c'est justement ce qu'il faut, car les anciennes règles du cinéma ne s'appliquent plus. On voit parfois ses collègues jeter un regard dubitatif, mais aussi à quel point son énergie est contagieuse. Oui, c'est bien le Godard à la bravoure juvénile que je veux graver dans ma mémoire.

À bout de souffle

Image tirée du film À bout de souffle : Zoey Deutch dans le rôle de Jean Seberg et Aubry Dullin dans celui de Jean-Paul Belmondo. (Image : Odyssey Classics).

Et puis, après avoir vu Nouvelle Vague bien sûr aussi l'original À bout de souffle (re)voir. Depuis la publication de cet ouvrage révolutionnaire, ce style libre a fait de nombreux émules, si bien qu'il ne semble peut-être plus aussi révolutionnaire qu'à l'époque. Pourtant, on ressent encore cette envie de faire les choses différemment.

Un Jean-Paul Belmondo délicieusement désinvolte incarne un voleur de voitures qui fume cigarette sur cigarette et qui, après avoir tué un policier, prend la fuite et se retrouve dans le lit d'hôtel d'une journaliste et vendeuse de journaux américaine jouée par Jean Seberg. Une histoire qui combine sans effort l'admiration pour les films américains de série B et des conversations exploratoires sur l'amour et ce que l'on pourrait être l'un pour l'autre ou pour soi-même. À la fois ludique, romantique, sérieux et dégrisant. Nouvelle Vague et À bout de souffle, un double programme unique.

Nouvelle Vague sortira le 27 novembre. La restauration 4K de À bout de souffle suivra le 11 décembre, mais sera également visible ici et là avant cette date. Et en tout cas en ligne sur Cinetree et à partir du 27 novembre sur Picl.

J'apprécie cet article !!!

Culture Press est indépendant. Vous rendez cela possible en faisant un don à l'auteur de cet article. Nous transférerons votre don pour 100% à l'auteur !

don
Je fais un don

  1. La Nouvelle Vague a été lancée par des journalistes cinématographiques du célèbre magazine Cahiers du cinéma.
par Leo Bankersen

Articles populaires

Dépenses récentes

Se comporter

Se comporter

Ce que les codes nous apprennent sur ce qui ne vient pas naturellement
L'OMSLAG

L'OMSLAG

Grande nouvelle : Culture Press crée une série de podcasts en direct sur l'art à la croisée des chemins à Tivoli-Vredenburg.
Tout devient nouveau

Tout devient nouveau

Nous faisons (littéralement) une pause avec l'IA, profitons encore de Hans van Manen et nous tournons vers 2026. Passez un joyeux Noël et une bonne année !

Catégories